Stéphane Amiel, une vie au sommet

Stéphane Amiel sur ses terres d'altitude, à plus de 2 200 m, avec vue imprenable sur l'imposant Mont Valier. Il gère avec Laurent Triolet le beau refuge appartenant à la Communauté de communes de Castillon/Photo DDM

Stéphane Amiel sur ses terres d'altitude, à plus de 2 200 m, avec vue imprenable sur l'imposant Mont Valier. Il gère avec Laurent Triolet le beau refuge appartenant à la Communauté de communes de Castillon/Photo DDM
Stéphane Amiel sur ses terres d’altitude, à plus de 2 200 m, avec vue imprenable sur l’imposant Mont Valier. Il gère avec Laurent Triolet le beau refuge appartenant à la Communauté de communes de Castillon/Photo DDM

Ancien infirmier devenu accompagnateur en montagne, il est aussi le gardien du refuge des Estagnous, près du Mont Valier, le sommet mythique de l’Ariège. Rencontre avec un solide Pyrénéen, aussi gourmand qu’il est loquace. Et toujours à la recherche de nouveaux projets.Atteindre le refuge des Estagnous, en Ariège, tout au fond de la vallée de Bethmale, n’a rien d’une promenade pépère. Selon l’itinéraire choisi, il faut compter entre 4 et 5 heures de marche pour avaler 1 400 m de dénivelé. Cet effort, mêlé quand même d’un intense plaisir, dans un paysage somptueux, entre 2500 et 3000 randonneurs y consentent chaque année. Tous ou presque passent une nuit au refuge, la plupart s’offrant le lendemain matin les quelque 600 m supplémentaires qui mènent au Mont Valier, à 2 838 m. Construit en 1912 et rénové en 2000, le refuge des Estagnous est dirigé depuis 9 ans par Stéphane Amiel, un gamin du pays.

Dès 7 ans en haut du Valier

« En fait, j’ai d’abord été infirmier, raconte le solide ariégeois. J’ai fait comme mon frangin, j’ai passé le concours. L’expérience m’a bien plu : j’ai travaillé avec des enfants malades, côtoyé l’univers psychiatrique, pas mal bougé avant de m’installer en libéral à Massat. »

Né à Pamiers, Stéphane Amiel veut avant tout se rapprocher de sa chère montagne. Il soigne les corps tout en passant le brevet d’accompagnateur, sortant ses clients au grand air.

« À l’occasion d’une sortie faune au Valier, le gardien d’alors m’a dit qu’il cherchait un associé. J’ai lâché mon boulot d’infirmier. Le Valier me fascinait. Enfant, je l’avais atteint pour la première fois à 7 ans. J’ai de beaux souvenirs de colonies de vacances, de soirs d’orages impressionnants. »

Animations et gourmandises

Sur place, de juin à septembre (avec quelques week-ends en mai et en octobre), Stéphane Amiel et Laurent Triolet cherchent à multiplier les activités. Chaque dernier vendredi de juin, ils invitent un chef à venir mitonner un dîner gastronomique. Un gros succès maison. Et leur Festi’Valier propose régulièrement contes et concerts.

« Toutes ces animations, c’est pour prolonger les soirées avec nos clients. On reprend le mode de la veillée traditionnelle ; une manière de réunir les gens différemment. Tout le monde est monté à pied, les musiciens ont porté leurs instruments… »

Assumant son isolement estival, Stéphane Amiel porte la parole des gardiens dans les vallées au sein de l’Agrepy (Association des gardiens de refuge des Pyrénées). Tenace, il se bat comme un ours pour associer ses confrères à des projets innovants en matière de téléphonie satellitaires ou d’énergies renouvelables. Mais pas question de transformer les refuges en hôtels. « Bien sûr, il faut moderniser les installations, proposer des dortoirs plus petits, des douches chaudes, de la nourriture de qualité. Mais sans excès pour éviter une augmentation des coûts. La montagne doit rester accessible à tous. Avec en priorité le plaisir de croiser d’autres personnes, de manger ensemble, de dormir en groupe… même s’il y a des ronfleurs ».

Refuge des Estagnous. Demi-pension : 34€. Tél.05 61 96 76 22 (www.refuge-estagnous.com


Le chiffre : 5

Hébergements > Pass’Aran. Une boucle de randonnée a été créée, balisée de deux gîtes et trois refuges, entre l’Ariège et le Val d’Aran, en Espagne. De quoi envisager une belle semaine pyrénéenne.

http://www.ladepeche.fr/article/2010/08/17/890030-Stephane-Amiel-une-vie-au-sommet.html

 

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